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Livre mortel à l'arsenic - Beautés des voyages anciens et modernes -1853
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Livre empoisonné à l'arsenic - Beautés des voyages anciens et modernes - 1853

80,00 €

Livre mortel, empoisonné à l'arsenic

Beautés des voyages anciens et modernes

Paru en 1853

Couverture romantique dont la couleur verte émeraude est nommée Vert de Paris à base d'Arsenic

Le livre doit être manipulé avec précaution avec des gants et placé sous vitrine

Description

Livre mortel empoisonné à l'arsenic - ATTENTION EN LE MANIPULANT

Beautés des voyages anciens et modernes

Paru en 1853

C'est cette édition de 1853 de cet éditeur avec cette couverture romantique qui est dangereuse car la couleur verte émeraude de certains motifs, nommée Vert de Paris est à base d'Arsenic. 

Cartonnage d'éditeur de l'époque romantique, publié en 1853 à Limoges et Paris par la célèbre maison Martial Ardant Frères. Cet ouvrage, intitulé Beautés de l'histoire des voyages anciens et modernes, est l'œuvre de l'Abbé Paul Jouhanneaud.

L'intérieur est illustré de fines gravures hors-texte (dont un Lapon, un Indien de Californie, une jeune fille de Coutumasa...) dessinées par L. Massard et gravées par Choubard. La page de garde comporte une dédicace manuscrite à l'encre d'époque.

Si ce livre attire le regard, c’est autant pour ses qualités esthétiques que pour le secret toxicologique que renferment ses décors. Les zones d'un vert émeraude très lumineux visibles sur les couvertures et le dos sont composées de Vert de Paris (ou Vert de Schweinfurt), un pigment à base d'acétoarsénite de cuivre, de l'arsenic massivement utilisé au XIXe siècle, ce qui rend le livre toxique!

Commercialisé en 1814 en Allemagne cet élément très toxique était à l'origine administré à l'époque dans les égouts parisiens pour tuer les rats, d'où le terme de Vert de Paris...

L'obsession victorienne d'une couleur maudite

Au milieu du XIXe siècle, l'Europe se prend d'une passion absolue pour ce vert éblouissant, impossible à obtenir avec des pigments végétaux (qui viraient rapidement au marron). Breveté au début des années 1810, ce vert émeraude envahit tout : les tapisseries des salons bourgeois, les jouets d'enfants, les fleurs artificielles et les sublimes robes de bal en tulle qui brillaient sous les premiers éclairages au gaz.

Pourtant, les fabricants et les chimistes savaient pertinemment que ce pigment était un poison violent. L'arsenic s'en détachait sous forme de poussière ou se volatilisait avec l'humidité des pièces.

Des histoires tragiques au quotidien

L'histoire de ce pigment est jalonnée de faits divers effroyables qui terrifièrent la société de l'époque:

  • Les ouvrières des fleurs artificielles: L'un des drames les plus célèbres est celui de Matilda Scheurer, une jeune artisane londonienne de 19 ans décédée en 1861 dans des souffrances atroces. Sa mission consistait à saupoudrer de la laque verte à l'arsenic sur des couronnes de fleurs artificielles pour les cheveux des dames de la haute société. Elle mourut les yeux et les ongles verts, empoisonnée par la poussière qu'elle respirait chaque jour.

  • Les "chambres de la mort": Dans les maisons chauffées et humides, les moisissures sur les papiers peints réagissaient avec l'arsenic pour libérer un gaz hautement toxique (la triméthylarsine). Des familles entières, et particulièrement de jeunes enfants, s'endormirent dans des chambres tapissées de ce vert émeraude pour ne plus jamais se réveiller. On soupçonne même fortement que l'exil de Napoléon à Sainte-Hélène ait été abrégé par les papiers peints verts de sa demeure de Longwood.

Et dans les bibliothèques?

L'industrie du livre n'a pas échappé à cette mode. Pour rendre les reliures industrielles attrayantes, les ateliers de reliure (très actifs à Limoges ou à Tours) utilisaient ces laques arsénicales pour peindre ou imprimer les décors. Aujourd'hui, le projet scientifique mondial Poison Book Project recense ces ouvrages. D'ailleurs, un autre livre du même auteur (l'Abbé Jouhanneaud) publié en 1859 a été testé positif à l'arsenic par spectrométrie.

La stabilité exceptionnelle de ce pigment explique pourquoi, 170 ans plus tard, le vert de ce cartonnage romantique n'a pas pris une ride et conserve son éclat d'origine.

Le livre doit être manipulé avec précaution avec des gants et placé sous vitrine.

A moins d'être mangé, le livre n'est pas dangereux mais l'arsenic pourrait pénétrer dans le corps, en humidifiant par exemple son doigt avec sa langue puis toucher la couverture, en se frottant les yeux pendant la lecture ou simplement en inhalant les motifs de la couverture du livre.

La toxicité de l'arsenic ne s'affaiblissant pas avec le temps, une manipulation répétée de ces ouvrages sans précaution peut induire accidentellement une inhalation ou une ingestion des particules contenant de l’arsenic, ce qui peut rendre léthargique ou des étourdissements, ou encore souffrir de diarrhée et de crampes d’estomac. Sur la peau, l’arsenic peut provoquer des irritations et des lésions.

Vous pouvez retrouver les ouvrages empoisonnés sur la liste du Poison Book Project, lancé en 2019 par deux restauratrices, qui catalogue les livres contaminés à l'arsenic. 411 références sont recensées pour le moment uniquement, mais des milliers de livres pourraient être concernés dans le monde.

cliquez ici pour accéder à la liste

Dimensions: 21.5x13.5cm

Rousseurs à l'intérieur

Article intéressant sur cette couleur mortelle: cliquez ici