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Étui de poche médical pour injection hypodermique COLLIN - Nécessaire à Morphine
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Étui de poche médical pour injection hypodermique COLLIN à seringue de Pravaz - 1895/1910 - Nécessaire à Morphine

155,00 €

Étui de poche médical pour injection hypodermique COLLIN  à seringue de Pravaz - 1895/1910

Fabricant: Maison Collin, Paris (estampille gravée « COLLIN » sur le boîtier), successeur de la Maison Charrière

Époque: Fin du XIXᵉ – tout début du XXᵉ siècle (Belle Époque) - 1895/1910

Nécessaire à morphine

Description

Étui de poche médical pour injection hypodermique COLLIN  à seringue de Pravaz - 1895/1910

Ce nécessaire d'injection hypodermique adopte la forme et le mécanisme d'ouverture à clapet articulé d'un briquet. Dans un volume exceptionnellement compact au fini lisse, il rassemble:

  • Une seringue de Pravaz à corps gradué en verre et monture en métal avec piston à molette.

  • Un flacon étanche en verre, doté d'une bague métallique filetée et d'un bouchon à vis garni de son joint d'origine.

  • Deux logettes verticales intégrées accueillant deux aiguilles de longueurs différentes sur leurs embouts filetés.

  • Un petit tube ou fourreau protecteur logé au centre de l'étui

Conçu au tournant du XXème siècle, cet étui de poche était l'outil de visite idéal du médecin généraliste. Sa compacité permettait de le transporter facilement dans la poche d'un gilet ou dans une sacoche.

À la Belle Époque, le flacon de 1 gramme (ou 1 cm³) contenait le plus souvent une solution de morphine ou de cocaïne. Ce choix s'expliquait par deux raisons majeures:

L'action analgésique immédiate d'urgence: Avant l'invention des antalgiques modernes synthétiques, la morphine était la seule réponse médicale efficace pour traiter instantanément les douleurs intolérables (fractures, coliques néphrétiques, traumatismes) lors des visites à domicile. La cocaïne, quant à elle, constituait le tout premier anesthésique local efficace en petite chirurgie.

Le petit flacon pouvait aussi servait à transporter d'autres solutions liquides comme l'atropine, camphre, éther ou ergotine.

Ce type d'étui au format briquet se retrouve chez la plupart des grands fabricants de matériel médical de la Belle Époque (Maison Mathieu, A. Aubry, Creuzan à Bordeaux, etc.).

Cependant, s'il figure en bonne place dans les catalogues entre 1900 et 1910, il disparaît presque totalement des éditions des années 1920/1930 pour plusieurs raisons:

L'évolution des normes d'asepsie: La généralisation de la stérilisation à chaud et par ébullition exigeait du matériel entièrement démontable et lavable. Les pistons à garniture de cuir et les boîtiers à logements fixes se sont effacés devant les boîtes à stériliser rectangulaires en inox avec portoirs et les seringues type Luer tout en verre.

La généralisation des ampoules en verre: Dans les années 1910, l'apparition des ampoules médicamenteuses stériles et pré-dosées a rendu inutile le flacon à solution intégré.

Enfin surtout le cadre réglementaire: La loi de 1916 sur le contrôle des stupéfiants a mis fin au transport libre de solutions d'opiacés préparées à l'avance.

Nécessaire à morphine:

En effet au-delà de son usage médical, cet objet s'inscrit au cœur de l'histoire de la morphinomanie sociale de la fin du XIXᵉ siècle. 

Durant cette période, la rencontre entre la seringue de Pravaz et la morphine s'accompagne d'un détournement au sein de la haute société et des milieux artistiques. L'objet raffiné, discret et proche de la bijouterie dépassait sa simple fonction chirurgicale pour devenir un instrument intime, souvent transporté au quotidien par les personnes sujettes à une dépendance aux opiacés. 

Fabricant: Maison Collin, Paris (estampille gravée « COLLIN » sur le boîtier), successeur de la Maison Charrière

Époque: Fin du XIXᵉ – tout début du XXᵉ siècle (Belle Époque) - 1895/1910

Dimensions: 7,5 × 3,5 cm

Matériaux: Métal nickelé

La Maison Collin: héritière de la Maison Charrière et de l'excellence parisienne

Fondée historiquement en 1820 par Joseph-Frédéric-Benoît Charrière, l'un des plus illustres couteliers chirurgicaux à qui l'on doit le perfectionnement des premières seringues de Pravaz, l'entreprise installée au 6, rue de l'École-de-Médecine est reprise en 1871 par Anatole Collin.

Sous le nom de Maison Collin (1871–1957), la firme s'impose comme le fournisseur attitré de la Faculté de Médecine de Paris, des Hôpitaux et de la Marine.

Réputée mondialement pour la précision et la rigueur d'exécution de ses instruments, la maison Collin signait ici un objet haut de gamme, représentatif du savoir-faire chirurgical parisien de la Belle Époque.

Objet complet dans son état de conservation d'origine, présentant une belle patine d'usage sur le boîtier lisse. Flacon en verre intact avec son bouchon à vis.